les conditions matérielles de la méditation

Où méditer ? quelles conditions doivent être réunies pour le faire ?

Maître Dogen nous donne la réponse à cette question dans le Zazengi * :

Pratiquer le Zen c’est s’asseoir en zazen. Pour s’asseoir en zazen choisissez un endroit calme. Ne laissez ni le vent, ni la pluie, ni la fumée y pénétrer.

Za signifie l’assise et zen signifie méditation (Dhyana en sanskrit). On peut donc traduire zazen par : méditation assise. Dogen nous précise qu’il faut choisir un endroit calme pour méditer, à l’abri des intempéries. On comprend aisément qu’il serait difficile d’atteindre un état de concentration amenant à la méditation sous la pluie ou la neige.
Le Bouddha Shakyamuni se déplaçait souvent et méditait dans la nature avec ses disciples, mais à la saison des pluies il s’arrêtait dans des parcs mis à sa disposition, afin d’être à l’abri.
Dans notre groupe nous nous sommes assis en plein air, mais nous avions toujours une solution pour être à l’abri et nous nous couvriions chaudement en période de froid.

Etendez une natte épaisse  à l’endroit où vous vous asseyez. Par le passé l’Eveillé s’est assis sur un trône de Diamant, d’autre l’ont fait sur une roche plate. Tous l’ont fait sur un épais tapis d’herbe.

Il y a beaucoup de tendresse dans ce passage. Dogen nous dit de bien prendre soin notre aire de méditation. Pour méditer il est nécessaire d’avoir un zafuton, ou l’équivalent (couverture pliée et épaisse), afin de prendre soin de ses genoux qui doivent toucher et prendre appui sur le sol. Le zafuton sert de coussin pour les genoux et les chevilles. Prendre soin de son corps est important dans l’assise. Tant que l’on est dans la souffrance physique il est difficile d’entrer véritablement dans la méditation.

L’image du Bouddha (l’Eveillé) assis sur un trône de diamant mérite que l’on s’y arrête. le diamant est à la fois une pierre très lumineuse solide et coupante, c’est avec un diamant que l’on découpe le verre. La méditation est comme çà : elle débouche sur une grande ouverture et une « grande luminosité » tout en tranchant nos illusions.

L’aire pour s’asseoir doit être claire; Elle ne devrait pas être sombre, de jour comme de nuit. La chaleur en hiver, la fraîcheur en été, voilà la technique de la méditation assise.

Clarté, chaleur en hiver et fraîcheur en été doivent être compris et appréciées en tenant compte de l’époque (1243) à laquelle le zazengi a été écrit. Dans les monastères zen la température et l’éclairage ne bénéficiaient pas encore de la « fée électrique ».   Pour l’époque actuelle il s’agit d’avoir une température de la pièce supportable ni trop froid, ni trop chaud (l’un et l’autre ne permettent pas l’entrée en concentration). Il en est de même pour l’éclairage qui trop violent n’incite pas au calme et trop faible incite plutôt à l’indolence et au sommeil.

* Zazengi : Prêché à l’assemblée des moines du temple de Yoshida, district d’Esshû, le 7 du 11ème mois d’hiver de la première année de Kangen (1243).

 

Les mains jointes
sceau-anshu-45-px Henri

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