Se mettre en possibilité de méditer

Dans le Zazengi maître Dogen nous dit :

Mettez de côté tous vos soucis et laissez au repos les dix mille dharmas.

Nous devons nous préparer, avant zazen, laisser nos soucis à la porte de la salle de méditation, de toute façon ils ne risquent pas de s’échapper, on les retrouvera (peut être un peu métamorphosés) après. Concentrons-nous sur le fait que nous allons faire quelque chose de « sacré ». Le terme s’asseoir laisse déjà augurer d’un apaisement.
Une bonne façon de se mettre en “condition” c’est de renter dans la salle de méditation de façon traditionelle.
C’est à dire en franchissant le seuil avec le pied gauche, en prenant le temps de saluer la statue de Bouddha ou de Bodhisattva. Ce salut n’a rien à voir avec de l’idolâterie, on pourrait ausi bien saluer la salle vide. Il s’agit là de respecter notre aire d’assise et notre méditation.

Ne jugez pas ce qui est bon, ne jugez pas ce qui est mauvais. Veillez à être au-delà de l’esprit, de la volonté, ou de la conscience, et au-delà de l’attention, de la pensée, ou de la réflexion. Rejetez tout jugement, tout désir, tout concept.

S’asseoir en zazen ne garantit pas que l’on se retrouvera en état de méditation. Il faut néanmoins passer par le stade de l’apaisement. Quand l’eau boueuse est agitée (pensée, jugement, désir etc..) elle reste opaque… sans agitation la boue se dépose au fond et l’eau devient transparente.
Gudo Nishijima dit : « shikantaza , c’est juste s’asseoir en maintenant la colonne vertébrale droite. Ainsi si on se prend à penser, voire même à rêver ou à dormir pendant zazen, on se plonge à nouveau dans l’action de redresser la colonne vertébrale tout simplement ».
Ryotan Tokuda lui préconise de mettre l’attention dans la position des mains.

Dans les 2 cas l’action c’est juste agir pour nous ramener à notre simple assise qui est, elle, au-delà de l’attention, de la réflexion, du jugement etc…

N’essayez pas de devenir un bouddha, Abandonnez l’idée d’être assis ou couché.

S’asseoir en zazen implique que nous n’ayons aucune intention, aucun désir d’entrer dans un état spécial. On ne cherche pas à obtenir l’illumination. Tant que nous sommes dans le désir d’obtention, nous ne pouvons entrer en « samâhdi » (état de concentration) et nous restons à la porte de la « chambre au trésor ».

Evitez les excès de nourriture ou de boissons. Prenez garde au temps qui passe. Aimez l’assise de zazen comme si vous aviez le feu sur la tête .

La seule chose qui doit être importante c’est de pratiquer zazen ici et maintenant. Abandonnons-nous à cette assise. Nous devons pratiquer la méditation avec un esprit joyeux (kishin), un esprit de tendresse (roshin), un esprit de largesse (daishin). Il y a urgence à entrer de plein pied dans notre pratique.

Le 5ème Patriarche n’a pas eu d’autres occupations, il pratiquait seulement la méditation assise.

Posons-nous sincèrement ces questions : « Qui est celui qui est assis ici sur ce coussin ? Qu’est-ce que je suis venu chercher en pratiquant zazen ? ».

Les mains jointes
sceau-anshu-45-px Henri

 

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