Bodhidharma

Pour les pratiquants du Zen Bodhidharma est le premier patriarche chinois, pour les enfants japonais c’est un jouet, une sorte de culbuto. Ce jouet est toujours centré et revient toujours dans sa position initiale, même si on le déstabilise. Finalement il représente assez bien la stabilité de la posture Zazen que Bodhidharma à commencé à développer en Chine.
Bodidaruma
« En Inde c’est le grand maître Bodhidharma.
Au Japon un jouet à bascule.
Là-bas, il écrase les six écoles hors de la voie.
Ici il console trente mille galopins »
Hakuin

Bodhidharma est un moine indien qui a débarqué sur les côtes chinoises (Canton) en 527. A cette époque règnait en Chine du Sud l’empereur Leang Wou Ti, un fervent bouddhiste. Bodhidharma peu après son arrivée rencontre l’empereur voici le dialogue :

– Depuis le début de mon règne, j’ai construit tant de temples, copié tant de textes sacrés, aidé tant de moines ; Selon vous quel est mon mérite ?
– Aucun mérite !
– Et pourquoi donc ?
– Ce ne sont là que des actions inférieures qui permettront à leur auteur de renaître dans les cieux ou sur cette terre. Elles portent encore la marque du monde et sont comme des ombres qui suivent les objets. Une action vraiment méritoire est remplie de pure sagesse, parfaite et mystérieuse, sa nature réelle est au-delà de la portée de l’intelligence humaine.
– Alors, quel est le premier principe de la sainte doctrine ?
– Rien ne peut être qualifié de saint dans le principe qui est par définition vaste et vide.
– Qui donc est celui que j’ai en face de moi ?
– Je l’ignore.

A la suite de cet entretien Bodhidharma se rend à Shaolin, non loin de la capitale impériale. Là, il s’installe dans une grotte, où il reste neuf ans à contempler le mur.

Un jour, un jeune homme du nom d’Eka, vint voir le voir pour qu’il lui enseigne la pratique bouddhiste. Bodhidharma est assis en silence, face au mur de sa grotte. Ce jour d’hiver lest très froid, Eka reste debout à l’extérieur dans la neige mais Bodhidarma ne lui répond pas. En désespoir de cause le jeune homme se saisit de son épée, coupe son bras et l’offre au maître en lui disant:

– « Mon esprit n’est pas encore pacifié, je vous en prie, maître, pacifiez-le ».
– « Amène-moi ton esprit et je le pacifierais » répond  Bodhidharma.
– « Je cherche l’esprit, mais je ne peux le saisir ».
– « Alors, le voilà pacifié ».

Bodhidharma aurait eu quatre disciples importants et a donné sa transmission au 2ème patriarche Eka . A la suite de cette désignation Bodhidarma disparu. Certains disent qu’il fut enterré dans une montagne en Chine, d’autres qu’il reprit le chemin de son pays natal.

On raconte que peu après sa mort, un bouddhiste laïc en route vers l’Inde aurait rencontré Bodhidharma marchant pieds nus et tenant une sandale à la main. A son retour en Chine ce laïc serait allé voir les disciples de Bodhidarma. En ouvrant son tombeau, ils le trouvèrent vide… seule un sandale était là.

Bodhidharma, considérait que le Lankâvatâra Sutrâ était bien adapté  à l’esprit chinois, et le cita en  référence aux adeptes de la méditation. C’est pour cela que l’école Tch’an fut connue au départ sous le nom d’école du Lankâvatâra.
L’enseignement de Bodhidharma a été retranscrit par son disciple Tan-lin dans un recueil intilulé « Le traité de Bodhidharma ».

Les mains jointes
sceau-anshu-45-px Henri

Publicités