Esprit vaste

Dans ses « Instructions au Cuisinier »  Maître Dogen nous dit :

La grandeur d’esprit, c’est grand comme une montagne, vaste comme l’océan. C’est un esprit sans idées reçues ou partisanes.

Dans cette partie des instructions au cuisinier, Dôgen développe la notion d’Esprit Vaste (Daishin). La méditation nous fait toucher cette grandeur d’esprit, à nous de la développer dans notre vie de tous les jours. Il est impossible de mettre des limites à cette étendue infinie. Les idées préconçues, que nous avons tous, sont pourtant des freins à notre pratique.

Il ne se réjouit pas quand il n’a qu’une once à porter et il ne s’afflige pas de porter 30 livres. Même s’il entend l’appel du printemps, il ne va pas sauter de joie dans la rosée,et s’il contemple les couleurs de l’automne, il ne verse pas de pleurs mélancoliques.

Suivre le dharma (au sens de loi), signifie que nous devons excentrer notre regard sur les choses, un peu comme si nous étions au bord de l’évier et que nous regardions l’eau tourbillonner. L’eau représente les idées toutes faites qui surgissent face à une situation donnée. Si nous nous plongeons dedans, nous irons immanquablement dans cet espace restreint qu’est le tuyau d’évacuation. En restant au bord, nous pouvons tourner notre regard vers les vastes étendues qui sont tout autour.

Un paysage inclus les vicissitudes des quatre saisons, comme le poids inclut l’once et la livre.

La pratique du Dharma nous permet d’éviter les passions, de vivre l’équanimité. Il ne s’agit pas là d’indifférence, par rapport à ce que nous vivons, mais au contraire une profonde compréhension de tout ce qui fait notre vie. Dôgen nous dit clairement qu’il faut délaisser le monde des passions.

Un grand esprit englobe la totalité des composants. C’est ainsi qu’il faut inscrire, comprendre et approfondir le mot grand.

Nous devons inscrire ce mot Grand au fronton de notre vie de pratiquant du bouddhisme zen. C’est en l’étudiant, en le vivant pleinement que nous pourrons suivre les traces des Bodhisattvas et Patriarches qui nous ont précédés.

 

Les citations extraites du « Tenzo kyôkun » de Maître Dogen sont traduites par Janine Courson.
Les mains jointes
Sceau Anshu 70 pxHenri
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