A propos des koans

Depuis plusieurs années après le zazen hebdomadaire nous discutons autour d’un thé. C’est une bonne façon de conclure notre méditation. Inshu Frédéric Baylot le fondateur du jardin de la vision Pure a nommé ces moments de convivialité et de discussion sur le dharma les « Thés Chauds* ». Suite à la demande des participants ces « Thés chauds » seront plus axés des discussions autour de textes traditionnels du zen.
Durant ce premier semestre nous allons parler de quelques cas de « La passe sans porte », ce qui nous permettra d’évoquer quelques grands maîtres du chan.

« La passe sans porte » est un recueil de 48 koans compilés par Wumen Huikai (1183-1260).    La première édition date de 1128 et fut présentée à l’empereur Li-Tsong pour le 4ème anniversaire de l’accession à son trône en 1229.

Absurde, énigmatique, paradoxal, irrationnel, le koan ne fait pas appel à la logique.Ce n’est pas une énigme à résoudre dans un temps défini, c’est juste un objet de méditation, d’intégration par le corps-esprit de l’étudiant zen, jusqu’à l’apparition de l’évidence.

Les koans furent développés en Chine sous la Dynastie Tang (618 – 907). Il s’agit le plus souvent de courts dialogues de maîtres chan, avec leur disciple ou d’autres interlocuteurs. Les compilateurs de ses paroles vives ont ajouté un commentaire utilisé pour l’éducation de leurs étudiants. Pour « la passe sans porte » c’est Wumen Huikai qui a écrit le commentaire et il y a ajouté un court poème.
Si les premiers koans japonais furent rédigés dès le IXe siècle, la plupart des koans ont été compilés aux XIe et XIIe siècles de notre ère. Ils se comptent par centaines, et sont les témoins de plusieurs siècles de transmission du bouddhisme chan en Chine et bouddhisme zen au Japon.

Si les koans ont une importance toute particulière dans l’école zen Rinzai au Japon, ils ne sont pas pour autant délaissés par l’école zen Sôto. D’ailleurs le maître zen Dôgen, « fondateur » de l’école Sôto au japon a compilé 300 de ces koans dans le Shinji Shôbôgenzô (Le Trésor de l’œil de la vraie loi en chinois). Il s’en servait apparemment comme d’un aide-mémoire pour ses enseignements.

Pour en savoir plus sur les koans :

Qu’est-ce qu’un koan sur le site Un Zen Occidental.
A propos du shinji shobogenzo de Maître Dogen
Blog proposant la traduction des koans du recueil de la falaise bleue

 

Les mains jointes
sceau-anshu-45-px Henri

* En référence aux teishôs, les enseignements traditionnels dans le zen

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