Les Quatre Conduites du Bodhisattva – La Parole Aimable

Maître Dogen nous dit dans le Bodaissata Shishobô (que l’on peut traduire par :Les quatre conduites du Boddhisattva) :

Les quatre actions du Bodhisattva pour le bien des êtres humains sont : fuse (don gratuit), aigo (parole aimable), rigyo (comportement secourable) et doji (coopération).

Aigo est présenté comme la deuxième action du bodhissatva, mais il n’y a pas d’ordre de valeurs dans ces actions. En effet Maître Dogen termine ce texte par ceci :

C’est avec un grand respect que les Bodhisattvas font en sorte de sauver les êtres sensibles. Il est important que nous abordions chaque chose avec un esprit ouvert et bienveillant. Fuse, aigo rigyo et doji se contiennent mutuellement , ce qui donne un total de seize.

Aigo, peut être traduit par la parole aimable

La parole aimable signifie que, lorsqu’on rencontre des êtres vivants, on ressent en premier lieu de la compassion pour eux et on leur offre des paroles gentilles et aimables. En gros, c’est ne pas être grossier ni dire de gros mots. Dans la société séculière existe la coutume polie de demander aux autres comment ils vont. Dans le Bouddhisme, il y a l’expression « Prenez bien garde à vous » ainsi que la salutation du disciple « Eclairez-moi ».

J’aime beaucoup cette expression bouddhiste « Prenez bien soin de vous ». Lorsque nous prononçons ces mots ne el faisons pas la faire à la légère, comme une salutation entre « potes ». Il s’agit de véritablement la ressentir au plus profond de soi, elle devient une véritable parole aimante. Celle-ci n’est pas naturelle pour tout le monde, il faut donc s’entraîner à la pratiquer… et passer au-delà de ses peurs. Ceci est plus ou moins difficile, suivant nos aptitudes naturelles, mais Dogen le dit bien :

Avec un tel esprit, il nous est possible d’avoir un parler vrai. Si quelqu’un avait quelque aptitude, nous devrions en faire l’éloge et si c’était le contraire, nous devrions lui montrer notre compassion. Plus nous pratiquons aigo, plus nous en userons, plus ses bienfaits seront grands et dans notre quotidien ce parler vrai qui se terre en nous émergera naturellement.

Cette pratique de la parole aimable aura automatiquement un impact sur nos contacts avec les autres. Elle change notre rapport à autrui, en développant la compassion, et par la même le rapport d’autrui avec nous.

Nous devrions savoir que le parler vrai, c’est «témoigner» de l’affection dont la source est la compassion. Il a le pouvoir de changer les situations et il a un impact positif sur autrui. Ce n’est ni de la condescendance, ni de la complaisance, ni de la flatterie.

Pour pratiquer cette parole aimable il nous faut aller au-delà de nos peurs, car ce sont elles qui nous paralysent face à l’autre et nous empêchent de laisser éclore la compassion.

 

Les mains jointes
sceau-anshu-45-px Henri

 

Pour cet article je me suis particulièrement référé à une traduction anglaise du Bodaissata Shishobô publiée par Nishijima Roshi et 2 traductions française : 1 de Michel Proulx et l’autre du site Zen Geneve.

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