Les Quatre Conduites du Bodhisattva – Le Comportement Secourable

Le Comportement Secourable – (Les Quatre Conduites du Bodhisattva)
La troisième des conduites du Boddhisattva est Rigyo qui peut être traduit par « Comportement secourable ». Ce qui signifie faire le bien, avec habileté, selon les circonstances, comme l’écrit maître Dogen dans le Bodaisatta Shishobô :

Rigyo c’est être bienveillant à l’égard des gens sans distinction, et peu importe s’ils occupent une position importante ou non. Nous devrions seulement l’être, afin qu’ils puissent eux aussi développer leur qualité présentement et dans le futur.

Etre bienveillant c’est ne pas se poser de questions. Il y a toujours une bonne raison de ne pas pratiquer le bien, parfois c’est le manque de temps, parfois la fatigue, parfois le manque de moyens, etc…. Faire usage des moyens habiles c’est agir en fonction des circonstances, sans chercher à en tirer le moindre profit :

Il y a fort longtemps en Chine, vivait un homme répondant au nom de Koyu qui avait acheté à un pêcheur une tortue fraîchement capturée pour ensuite la remettre à l’eau. Durant la période Gokan, il y avait un homme nommé Yoho du mont Kain qui sauva un moineau à la patte brisée. Quand ils ont vu la tortue et le moineau, ils ont été touchés et ils ont agi sans attendre quoi que ce soit en retour. Ils ne pouvaient agir différemment; leur état d’esprit les amené à le faire tout simplement.

Rigyo c’est agir au bénéfice des autres. Agir au bénéfice des autres ne se fait pas au détriment de soi-même, bien au contraire. C’est agir pour le monde dans son ensemble, c’est tenir compte de l’interdépendance des choses.

Les gens stupides croient que si on met en avant le bénéfice des autres, ce sera au détriment du nôtre propre. Ce n’est pas vrai. Le comportement secourable est le Dharma tout entier. Il profite universellement à soi-même et aux autres.

Agir au bénéfice des autres implique de ne pas faire de « discriminations », ce ne serait pas une attitude juste. un Bodhisattva s’efforcera de ne pas faire de différences, de ne pas décider que telle ou telle personne mérite plus son attention. La bienveillance du Bodhisattva est universelle :

Il y a cette vieille histoire du roi Shu. Si quelqu’un venait à lui rendre visite et qu’il était dans son bain ou en train de manger, il sortait de son bain et se nouaitles cheveux ou cessait de manger pour le recevoir. Il faisait de son mieux pour venir en aide aux autres, sans faire de distinction. Il traitait avec la même déférence les personnes hostiles ou amicales.
Par conséquent, nous devrions faire en sorte de traiter nos ennemis, nos amis et nous-même avec respect. Si nous agissons avec un esprit de bienveillance, nous pourrons nous apercevoir que le vent, l’eau les arbres et les herbes l’ont aussi. Nous devrions nous efforcer tout particulièrement de protéger les sottes gens.

 

Les mains jointes
sceau-anshu-45-px Henri

 

Pour cet article je me suis particulièrement référé à une traduction anglaise du Bodaissata Shishobô publiée par Nishijima Roshi et 2 traductions française : 1 de Michel Proulx et l’autre du site Zen Geneve.

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