Les Quatre Conduites du Bodhisattva – La Coopération

La quatrième conduite des Boddhisattvas est Doji que l’on peut traduire par Coopération veut dire ne pas se dissocier des autres, à l’instar de Shakyamuni qui est né et a passé toute sa vie en étant un être humain. faire l’expérience de la Coopération c’est ne plus faire qu’un avec nous-même et avec les autres. Dôgen parle de la Coopération en ces termes :

« La coopération » signifie ne pas être contrariant . C’est-à-dire ni contrariant envers soi-même ni envers les autres. Par exemple, le Tathâgata humain s’est identifié avec l’humanité. A partir de cette identification avec le monde humain, nous pouvons supposer qu’il pourrait s’identifier avec d’autres mondes.

La Coopération (Doji) fait appel à la notion de non-séparation entre soi et les autres, c’est ne pas différencier. Doji fait appel à la notion d’harmonie en toutes circonstances :

Il y a un adage qui dit : être ami avec le keito , avec la poésie et le saké. Toutefois, dans le bouddhisme, le keito, la poésie et le saké se lient d’amitié avec les êtres humains, les êtres célestes et le saké, comme le keito, la poésie et le saké avec le keito, la poésie et le saké, les êtres humains avec leurs semblables, les êtres célestes avec les êtres célestes et les dieux avec les dieux. C’est de cette façon qu’il nous faut étudier doji.
Les montagnes ne refusent pas la terre, c’est ainsi qu’elles peuvent réaliser leur hauteur. Les dirigeants éclairés ne haïssent pas leur peuple, c’est ainsi qu’ils peuvent réaliser une large adhésion. » Rappelez-vous, la mer qui ne refuse pas l’eau, c’est la coopération. Rappelez-vous aussi que l’eau a la vertu de ne pas refuser la mer. C’est pour cette raison qu’il est possible à l’eau de s’assembler pour former la mer et pour la terre de s’empiler pour former les montagnes. Nous pouvons nous dire que, parce que la mer ne refuse pas la mer, elle réalise la mer ainsi que la grandeur, et que parce que les montagnes ne refusent pas les montagnes, elles réalisent les montagnes et la hauteur.

Doji fait appel à la notion d’harmonie en toutes circonstances. Même si nous avons des choses désagréables, avec les quelles nous sommes en désaccord, nous devons les « affronter » en harmonie, sans heurts. maître Dôgen s’exprime ainsi :

Un empereur ne déteste pas ses sujets, il les récompense, mais cela ne veut pas dire qu’il ne sévit pas. Il y a fort longtemps, quand les gens étaient simples et honnêtes, sévir n’était pas nécessaire, à présent c’est différent. Il y a des personnes, aujourd’hui, qui recherchent la Voie sans attendre de récompense et encore moins de remontrance. Il n’y a que les sots qui peuvent imaginer cela. Un excellent roi a une grande connaissance de la nature humaine, il ne juge et ne rejette personne. C’est pour cette raison que le peuple s’amasse autour de lui, c’est ainsi que naissent les pays et les états. Ils recherchent tous un excellent roi. Ils sont tout simplement heureux de ne pas être exclus. Parfois, ils n’y pensent même pas et le soutiennent. En quelque sorte, un excellent roi et un sot peuvent vivre en harmonie.

Maître Dôgen conclut le Bodaisatta Shishobo ainsi :

C’est avec un grand respect que les Bodhisattvas font en sorte de sauver les êtres sensibles. Il est important que nous abordions chaque chose avec un esprit ouvert et bienveillant. Fuse, Aigo, Rigyo et Doji se contiennent mutuellement , ce qui donne un total de seize.

Les mains jointes
sceau-anshu-45-px Henri

Pour cet article je me suis particulièrement référé à une traduction anglaise du Bodaissata Shishobô publiée par Nishijima Roshi et 2 traductions française : 1 de Michel Proulx et l’autre du site Zen Geneve.

 

Publicités