Pratiquer la méditation zen à Nantes

Le Jardin de la Vision Pure rouvrira ses portes, après la fermeture d’été. Les méditations auront lieu chaque mercredi soir (à partir du 6 septembre 2017)

  • 19h30 ouvertures des portes
  • 19h45/20h30 méditation silencieuse
  • 20h30/21h15 thé chaud (discussion sur la pratique).

Le lieu de pratique est situé au 14 avenue Jacques Auneau à Nantes.

Nous pratiquons la méditation de tradition zen. C’est une méditation entièrement en silence, il n’y a pas d’enseignement durant celle-ci. Nous avons ensuite une discussion sur la pratique, autour d’un thé.
Le Jardin de la Vision Pure est rattaché à l’enseignant Zen Eric Rommeluère et à l’association Un Zen Occidental.

Vous pouvez contacter le Jardin de la Vision  Pure en remplissant le formulaire ci-dessous (aucune information vous concernant ne sera diffusée), ou en envoyant un mail à nantes @ zen-occidental.net (en enlevant les espaces).

 

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Méditer ensemble

Rendez-vous mercredi 9 Août à 18 h 30 pour une méditation de plein-air.
Le lieu est le jardin japonais de l’Ile de Versailles à Nantes (sous le déambulatoire couvert).

Vous êtes bienvenu, que vous soyez débutant, ou non. Je serai là pour vous aider si vous le désirez. Pour une méditation en plein air il vous faudra un coussin  assez haut et une couverture, ou un matelas (style camping) pour vos genoux. Mettez des vêtements amples afin de ne pas être bridé.

Nous pratiquons la méditation zen (zazen), elle est silencieuse et n’est pas guidée comme certaines autres.. Je serai sur place vers 18 h 20 et commencerai à m’installer… N’hésitez pas à venir me demander conseil et à vous installer à côté de moi.

Si vous voulez plus de renseignements vous pouvez me contacter ci-dessous

 

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Zazengi

Une lecture du Zazengi de Maître Dogen à écouter ci-dessous :

Dans ce texte très court et simple du Shôbôgenzô Dogen Zenji nous donne les indications pratiques pour la méditation assise.

Ce texte commence par :

« Pratiquer le Zen (sanzen) est Zazen « 

et il finit par :

Zazen n’est pas l’apprentissage  de la concentration (shuzen). C’est la porte du Dharma, du bien-être et de la joie.

La pratique du zen, contrairement à l’apprentissage de la médiation, n’est pas un moyen d’obtenir quelque chose.

Une causerie d’Issho Fujita nous parle fort bien de cela. La traduction de l’anglais est personnelle et comporte sans doute beaucoup d’imperfections :

Zazen n’est pas une méthode que nous pouvons apprendre ou maîtriser en l’étudiant ou en suivant un manuel . Dans ses « Recommandations Universelles pour Zazen », Dogen écrit que zazen n’est pas Shuzen, et il le répète dans d’autres écrits.

Shu signifie «Apprentissage» et Zen signifie Zen, Chan ou Dhyana . Les deux mots ensemble : Shuzen signifie « apprentissage du zen ». Shohaku Okumura a traduit Shuzen par «méditation étape par étape ». Il s’agit d’un état spécial de l’esprit que nous pouvons atteindre en appliquant une méthode à l’esprit et au corps.

Nous sommes très familiers avec le style d’apprentissage de Shuzen. Dans des domaines tels que le sport, nous apprenons au travers d’instructions, et il y a un enseignant ou un « juge » qui décide de ce que nous avons acquis. Dans l’apprentissage de la langue, il y a des niveaux débutants, intermédiaires, et après examen, nous pouvons passer au niveau suivant.

Dogen dit clairement que zazen est différent de Shuzen. Dans ce cas comment devrions-nous pratiquer zazen ? Dans le Shobogenzo Shoji (Naissance et mort), Dogen écrit que le chemin pour devenir un bouddha n’est ni d’utiliser la force ni d’utiliser l’esprit . Juste faire simplement un effort n’est pas bon dans ce contexte. Plus nous faisons naïvement d’efforts, Plus nous nous éloignons de la voie.
Par exemple, en zazen , nous tenons pour admis qu’un instructeur dise : « Redressez le dos. Croisez vos jambes. Yeux à 45 degrés. Nous sommes comme un opérateur faisant fonctionner une machine, comme un être humain fusionné avec un robot. Nous avons ce modèle en tête lorsque nous interprétons les instructions pour zazen . C’est Shuzen, N’est-ce pas ?
C’est devenu mon koan il y a six ou sept ans. Je travaillais très fort pour faire zazen , mais je me suis rendu compte que je faisais juste Shuzen. L’effort est nécessaire, mais de toute façon c’est un autre type d’effort.
Un jour, j’ai eu une pensée : « Qu’en est-il du Bouddha sous l’arbre de la Bodhi ? » Quand le Bouddha s’est assis la première fois sous l’arbre de la Bodhi, il n’avait pas de manuel. Nous devons penser à ce qui l’a amené sous l’arbre de la Bodhi . Qu’a-t-il fait avant?

Selon la légende, pendant une période,  juste après avoir quitté le palais, il a essayé la méditation yogique sous la direction d’un maître . Il a appris la technique et rapidement atteint l’objectif d’arrêter l’ esprit , mais ce n’était pas ce qu’il cherchait.
Puis il a dirigé sa pratique vers le corps , et pratiqué l’ascétisme. Il l’a fait très sérieusement, jusqu’à en être presque mourant, mais il s’est rendu compte que ce n’était pas la bonne façon d’atteindre le nirvana.
Il a pratiqué toutes les méthodes « prêtes à l’emploi » disponibles à cette époque, les apprenant d’enseignants. Mais il n’était pas satisfait de ces pratiques et il n’avait pas répondu à ses questions fondamentales. Il n’avait plus de solution.

Quand il s’est assis sous l’arbre, il a fait quelque chose de très nouveau, basé sur aucune méthode , aucun manuel – quelque chose de plus spontané, plus naturel. A travers ses essais et ses erreurs, il a progressivement appris à s’asseoir d’une manière stable, en prêtant attention à ses sensations dans la posture. Il a appris à être avec le corps et l’esprit , sans rien d’artificiel ni d’intentionnel. Il a renoncé et a abandonné, et c’est l’origine de notre zazen .
Il y a une grande différence entre ce qu’il a fait avant et ce qu’il a fait sous l’arbre de la Bodhi . Il a essayé tous les types de pratique de shuzen et a vu leur inutilité ; De cela, zazen a émergé.

Quand nous faisons zazen comme shuzen, nous essayons de commander à l’esprit et au corps d’obéir à des instructions de l’extérieur -généralement sans obtenir l’accord de l’organisme et l’esprit. Sans la négociation ou l’autorisation de l’esprit et du corps, il n’est pas pas étonnant qu’ils aillent à l’encontre nos instructions.
Par exemple, pour redresser le dos, nous essayons généralement de le faire par un déplacement du dos lui-même, mais çà se traduit souvent par une mauvaise position ou posture. La position du dos devrait être un résultat, et non une cause.
Comment pouvons-nous avoir le dos naturellement droit ? Nous devons porter notre attention sur la partie du corps en dessous du dos : le bassin. En se basant sur le ressenti du bassin sur le coussin, le dos devient naturellement droit.

La façon d’aborder de Shuzen c’est toujours d’essayer d’accomplir quelque chose directement, mais pour zazen , la « procédure » devrait être indirecte.

Causerie  au Milwaukee Zen Center par Isso Fujita (Directeur du Centre International du Bouddhisme Zen Soto, San Francisco).

 

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Çà sert à quoi ?

« Maître à quoi çà sert la méditation ?
– Tais-toi et va t’asseoir ! »

S’asseoir en face d’un mur est une drôle d’attitude. Certains regardent cela avec amusement, voire avec incrédulité. Est-il important de savoir quel est le but ?

Dans le Zen Sôto la pratique de la méditation est sans but, cela signifierait donc qu’il n’y a pas de réponse. Pourtant à y regarder de plus près, ce n’est pas parce qu’il n’ y a pas de but, que s’asseoir est inutile.

Il y a comme un paradoxe dans cette affirmation : « la méditation est sans but, mais pas inutile ». La pratique du zen est remplie de ces étranges contradictions qui ne sont là que pour mieux nous mettre face à un espace sans limites. Que nous soyons jeune pratiquant ou ancien, rompu à l’exercice de la méditation, cette mise en abîme est toujours là. Entendons-nous bien lorsque nous parlons d’abîme, il n’est pas question de vide, mais d’espace infini.

Par la pratique de la méditation nous pouvons voir les choses telles qu’elles sont.

« Dans la Posture de Zazen votre esprit et votre corps ont une grande force pour accepter les choses comme elles sont, qu’elles soient agréables ou désagréables.

Shunryu Suzuki – « Le Zen est juste Ici » – Ed. Almora

La méditation nous entraîne à voir notre propre nature, notre propre humanité. le corps et l’esprit unifiés, oubliés, agissent comme un « non filtre » pour ne plus travestir ce que nous sommes.

« Imaginez : assis face à un miroir, votre visage apparaît automatiquement. Il n’ y a pas d’effort à faire, le miroir fait tout le travail, Vous ne pouvez pas le faire bien ou mal. La pratique bouddhiste zen « juste s’asseoir* » est comme çà. Lorsque nous nous asseyons, notre esprit se transforme en miroir par lui-même. Notre pratique est d’observer et de faire l’expérience de ce qui apparaît à tous les instants ».

Barry Magid – dans le magazine Tricycle

Alors si vous vous posez la question : « Çà sert à quoi la méditation ? », prenez un coussin et asseyez-vous. Faites l’expérience de zazen c’est la condition pour pouvoir ouvrir la chambre aux trésors.

“Si vous poursuivez ces pratiques pendant un moment, la chambre au trésor s’ouvrira naturellement et vous pourrez en profiter pleinement.”

Phrase de conclusion d’un rituel sôtô zen.

* Juste s’asseoir : shikantaza dans le zen sôto

*Illustration Par Rennett Stowe from USA (Meditation) [CC BY 2.0 (http://creativecommons.org/licenses/by/2.0)%5D, via Wikimedia Commons


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S’asseoir pour méditer

A l’occasion de la sortie de son dernier livre « S’asseoir tout simplement »
Jiun Eric Rommeluère était l’invité de l’émission « Les Racines du Ciel »
sur France-Culture.

Nous recommandons particulièrement l’écoute de cette émission et bien sûr la lecture du livre de Jiun Eric Rommeluère qui vient de paraître :

S’asseoir tout simplement

Un livre d’Éric Rommeluère publié par les Éditions du Seuil. Vous  pouvez le commander ici

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La quatrième de couverture :

« S’asseoir, tout simplement » est une célèbre formule de la tradition zen pour décrire la méditation. Sa limpidité dit pourtant l’exigence d’une transformation de soi. Dans l’assise méditative, en effet, le pratiquant est invité non seulement à se désencombrer, mais à se défaire inconditionnellement des peurs et des jugements qui colorent la réalité, pour vivre une expérience d’unité et de simplicité.

Cet ouvrage passionnant est le premier à décrire l’expérience subjective de la méditation. Répondant aux nombreuses questions que le néophyte comme le pratiquant avancé peuvent se poser sur la posture physique, l’attitude mentale, les différentes techniques, la relation avec le maître, il décrit minutieusement, comme cela n’avait jamais été fait, les mécanismes psychologiques qui empêchent ou permettent l’expérience méditative.

Alors que la méditation bouddhiste suscite un réel engouement, notamment par le développement d’une forme simplifiée et laïcisée de celle-ci, la pleine conscience, l’auteur propose également une réflexion critique sur ce nouveau phénomène de société à partir de sa propre expérience de méditant.

 

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Zazen pour modifier notre regard !

L’ascète, l’amant et le chien, par rapport à un corps féminin, ont trois points de vue différents :
pour l’ascète c’est un cadavre, pour l’amant une maîtresse, pour le chien un bon morceau.

Le traité de la grande vertu de sagesse

Pour avoir un regard dénué de concepts, zazen, la pratique pur de la méditation, est important. Pratiquer régulièrement, même si c’est sur une durée courte, aide à poser un regard différents sur les choses, les événements et tout ce qui fait notre vie.

Zazen !!!

L’oeil de l’homme  est enfermé dans une graine d’homme et l’oeil de la femme dans une graine de femme. les riches et les pauvres ont chacun les leurs. Pendant les guerres, la vision des adversaires est particulièrement obstruée. Il n’est pas facile de dégager la vision de ce qui l’enferme, mais ce n’est que lorsqu’elle est libérée que la vrai réalité apparaît. Quand le brouillard se lève et que l’horizon se dégage, on découvre la source de l’enseignement de Shâkyamuni.

Kodo Sawaki

La pratique de la méditation permet de rejoindre notre nature profonde et pure, dénuée de toute vision fausse. Même si le courage nous manque, même si les conditions sont défavorables, pratiquer zazen régulièrement c’est déjà effacer les vues erronées.

Nous devrions pratiquer zazen comme quelqu’un qui agonise. Pour lui il n’y a plus d’appui. Quand vous atteignez cette forme de compréhension, aucune illusion ne peut plus vous tromper.

Shunryu Suzuki

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Penser l’Impensé

Maître Dogen à la fin de son Zazengi nous dit :

Assis immobile, ancré sur le sol telle une montagne, on pense* l’impensé**. Comment peut-on penser l’impensé ? C’est dans ce qui n’est pas de l’ordre de la pensée***.Ceci est le véritable secret de la méditation assise.

Assis en posture de zazen, le dos bien droit nous sommes ancrés au sol et nous dressons comme une montagne. Les pensées que nous avons en médiation ne relèvent pas du domaine de l’analytique. Rappelons-nous qu’au début du zazengi Maître Dôgen nous dit : « Mettez de côté tous vos soucis et laissez au repos les dix mille dharmas. Ne jugez pas ce qui est bon, ne jugez pas ce qui est mauvais ». Il existe plusieurs traductions de cette partie du Zazengi :

Fixe et immobile, étant établi dans l’assise, on pense l’impensé. Comment penser l’impensé ? Sans penser. C’est là l’art essentiel de la méditation assise.

Jiun Eric Rommeluère (site UZO)

«Demeurez fermement en samâdhi* et dans la pensée non-pensée. Comment penser le non-pensé ? C’est la non-pensée. Tel est l’art de zazen.

Jacques Brosse (Polir la lune et labourer les nuages Ed. Albin Michel)

Sitting in balance and stillness like a mountain, think of « not-thinking. » How? Be « Before Thinking.

(site White Wind Zen Community)

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En méditation nous ne produisons pas de pensée discriminante ou incluant un jugement. Il suffit de les laisser passer telles des nuages et nous trouvons un état d’harmonie avec l’environnement. Nous pouvons alors pénétrer profondément l’état immobile de la méditation (le samâdhi). Lorsque nous nous asseyons il est important de le faire avec l’esprit mushotoku (sans esprit d’obtention). C’est la condition pour pouvoir atteindre ce qui n’est pas de l’ordre de la pensée.

« Hishiryô n’est pas une condition spéciale de l’esprit, un état particulier, c’est simplement l’état naturel, la pensée originelle qui ne repousse rien et inclut toute chose. » – Taisen Deshimaru

La méditation assise (zazen) n’est pas l’apprentissage de la méditation zen (shuzen) . C’est la grande porte du Dharma ; C’est la pratique de l’Éveil sans souillure.

La méditation zen n’a rien à voir avec ce qui serait de l’ordre de l’apprentissage d’une technique (voir cet article sur le site Zafu). On peut utiliser des techniques pour entrer en méditation… mais ce n’est pas la méditation en elle-même. Zazen est la chambre au trésor… une ouverture inconditionnelle sur la Grandeur.

 

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Notes :
* Shiryo : on pense – la pensée
** Fushyrio : l’impensé – la non-pensée
*** Hishiryo : ce qui n’est pas de l’ordre de la pensée