Zazengi

Une lecture du Zazengi de Maître Dogen à écouter ci-dessous :

Dans ce texte très court et simple du Shôbôgenzô Dogen Zenji nous donne les indications pratiques pour la méditation assise.

Ce texte commence par :

« Pratiquer le Zen (sanzen) est Zazen « 

et il finit par :

Zazen n’est pas l’apprentissage  de la concentration (shuzen). C’est la porte du Dharma, du bien-être et de la joie.

La pratique du zen, contrairement à l’apprentissage de la médiation, n’est pas un moyen d’obtenir quelque chose.

Une causerie d’Issho Fujita nous parle fort bien de cela. La traduction de l’anglais est personnelle et comporte sans doute beaucoup d’imperfections :

Zazen n’est pas une méthode que nous pouvons apprendre ou maîtriser en l’étudiant ou en suivant un manuel . Dans ses « Recommandations Universelles pour Zazen », Dogen écrit que zazen n’est pas Shuzen, et il le répète dans d’autres écrits.

Shu signifie «Apprentissage» et Zen signifie Zen, Chan ou Dhyana . Les deux mots ensemble : Shuzen signifie « apprentissage du zen ». Shohaku Okumura a traduit Shuzen par «méditation étape par étape ». Il s’agit d’un état spécial de l’esprit que nous pouvons atteindre en appliquant une méthode à l’esprit et au corps.

Nous sommes très familiers avec le style d’apprentissage de Shuzen. Dans des domaines tels que le sport, nous apprenons au travers d’instructions, et il y a un enseignant ou un « juge » qui décide de ce que nous avons acquis. Dans l’apprentissage de la langue, il y a des niveaux débutants, intermédiaires, et après examen, nous pouvons passer au niveau suivant.

Dogen dit clairement que zazen est différent de Shuzen. Dans ce cas comment devrions-nous pratiquer zazen ? Dans le Shobogenzo Shoji (Naissance et mort), Dogen écrit que le chemin pour devenir un bouddha n’est ni d’utiliser la force ni d’utiliser l’esprit . Juste faire simplement un effort n’est pas bon dans ce contexte. Plus nous faisons naïvement d’efforts, Plus nous nous éloignons de la voie.
Par exemple, en zazen , nous tenons pour admis qu’un instructeur dise : « Redressez le dos. Croisez vos jambes. Yeux à 45 degrés. Nous sommes comme un opérateur faisant fonctionner une machine, comme un être humain fusionné avec un robot. Nous avons ce modèle en tête lorsque nous interprétons les instructions pour zazen . C’est Shuzen, N’est-ce pas ?
C’est devenu mon koan il y a six ou sept ans. Je travaillais très fort pour faire zazen , mais je me suis rendu compte que je faisais juste Shuzen. L’effort est nécessaire, mais de toute façon c’est un autre type d’effort.
Un jour, j’ai eu une pensée : « Qu’en est-il du Bouddha sous l’arbre de la Bodhi ? » Quand le Bouddha s’est assis la première fois sous l’arbre de la Bodhi, il n’avait pas de manuel. Nous devons penser à ce qui l’a amené sous l’arbre de la Bodhi . Qu’a-t-il fait avant?

Selon la légende, pendant une période,  juste après avoir quitté le palais, il a essayé la méditation yogique sous la direction d’un maître . Il a appris la technique et rapidement atteint l’objectif d’arrêter l’ esprit , mais ce n’était pas ce qu’il cherchait.
Puis il a dirigé sa pratique vers le corps , et pratiqué l’ascétisme. Il l’a fait très sérieusement, jusqu’à en être presque mourant, mais il s’est rendu compte que ce n’était pas la bonne façon d’atteindre le nirvana.
Il a pratiqué toutes les méthodes « prêtes à l’emploi » disponibles à cette époque, les apprenant d’enseignants. Mais il n’était pas satisfait de ces pratiques et il n’avait pas répondu à ses questions fondamentales. Il n’avait plus de solution.

Quand il s’est assis sous l’arbre, il a fait quelque chose de très nouveau, basé sur aucune méthode , aucun manuel – quelque chose de plus spontané, plus naturel. A travers ses essais et ses erreurs, il a progressivement appris à s’asseoir d’une manière stable, en prêtant attention à ses sensations dans la posture. Il a appris à être avec le corps et l’esprit , sans rien d’artificiel ni d’intentionnel. Il a renoncé et a abandonné, et c’est l’origine de notre zazen .
Il y a une grande différence entre ce qu’il a fait avant et ce qu’il a fait sous l’arbre de la Bodhi . Il a essayé tous les types de pratique de shuzen et a vu leur inutilité ; De cela, zazen a émergé.

Quand nous faisons zazen comme shuzen, nous essayons de commander à l’esprit et au corps d’obéir à des instructions de l’extérieur -généralement sans obtenir l’accord de l’organisme et l’esprit. Sans la négociation ou l’autorisation de l’esprit et du corps, il n’est pas pas étonnant qu’ils aillent à l’encontre nos instructions.
Par exemple, pour redresser le dos, nous essayons généralement de le faire par un déplacement du dos lui-même, mais çà se traduit souvent par une mauvaise position ou posture. La position du dos devrait être un résultat, et non une cause.
Comment pouvons-nous avoir le dos naturellement droit ? Nous devons porter notre attention sur la partie du corps en dessous du dos : le bassin. En se basant sur le ressenti du bassin sur le coussin, le dos devient naturellement droit.

La façon d’aborder de Shuzen c’est toujours d’essayer d’accomplir quelque chose directement, mais pour zazen , la « procédure » devrait être indirecte.

Causerie  au Milwaukee Zen Center par Isso Fujita (Directeur du Centre International du Bouddhisme Zen Soto, San Francisco).

 

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Penser l’Impensé

Maître Dogen à la fin de son Zazengi nous dit :

Assis immobile, ancré sur le sol telle une montagne, on pense* l’impensé**. Comment peut-on penser l’impensé ? C’est dans ce qui n’est pas de l’ordre de la pensée***.Ceci est le véritable secret de la méditation assise.

Assis en posture de zazen, le dos bien droit nous sommes ancrés au sol et nous dressons comme une montagne. Les pensées que nous avons en médiation ne relèvent pas du domaine de l’analytique. Rappelons-nous qu’au début du zazengi Maître Dôgen nous dit : « Mettez de côté tous vos soucis et laissez au repos les dix mille dharmas. Ne jugez pas ce qui est bon, ne jugez pas ce qui est mauvais ». Il existe plusieurs traductions de cette partie du Zazengi :

Fixe et immobile, étant établi dans l’assise, on pense l’impensé. Comment penser l’impensé ? Sans penser. C’est là l’art essentiel de la méditation assise.

Jiun Eric Rommeluère (site UZO)

«Demeurez fermement en samâdhi* et dans la pensée non-pensée. Comment penser le non-pensé ? C’est la non-pensée. Tel est l’art de zazen.

Jacques Brosse (Polir la lune et labourer les nuages Ed. Albin Michel)

Sitting in balance and stillness like a mountain, think of « not-thinking. » How? Be « Before Thinking.

(site White Wind Zen Community)

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En méditation nous ne produisons pas de pensée discriminante ou incluant un jugement. Il suffit de les laisser passer telles des nuages et nous trouvons un état d’harmonie avec l’environnement. Nous pouvons alors pénétrer profondément l’état immobile de la méditation (le samâdhi). Lorsque nous nous asseyons il est important de le faire avec l’esprit mushotoku (sans esprit d’obtention). C’est la condition pour pouvoir atteindre ce qui n’est pas de l’ordre de la pensée.

« Hishiryô n’est pas une condition spéciale de l’esprit, un état particulier, c’est simplement l’état naturel, la pensée originelle qui ne repousse rien et inclut toute chose. » – Taisen Deshimaru

La méditation assise (zazen) n’est pas l’apprentissage de la méditation zen (shuzen) . C’est la grande porte du Dharma ; C’est la pratique de l’Éveil sans souillure.

La méditation zen n’a rien à voir avec ce qui serait de l’ordre de l’apprentissage d’une technique (voir cet article sur le site Zafu). On peut utiliser des techniques pour entrer en méditation… mais ce n’est pas la méditation en elle-même. Zazen est la chambre au trésor… une ouverture inconditionnelle sur la Grandeur.

 

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Notes :
* Shiryo : on pense – la pensée
** Fushyrio : l’impensé – la non-pensée
*** Hishiryo : ce qui n’est pas de l’ordre de la pensée

Se mettre en posture de méditation

Dans la suite du Zazengi maître Dôgen nous dit :

Lorsque vous êtes assis en zazen, porter le kasaya* (kesa) et utilisez un coussin rond. Asseyez-vous sur la partie arrière de vos jambes croisées. Ainsi le dessous de vos jambes croisées touche-t-il le tapis, tandis que votre coccyx repose sur le coussin. Ceci est la méthode utilisée par les bouddhas et les patriarches quand ils se sont assis en zazen.

Maître Dôgen nous dit ici de revêtir l’habit de moine, lorsqu’il a prononcé cet enseignement il s’adressait à des moines rompus à la pratique et surtout vivant dans un monastère. Ce qu’il faut retenir c’est que pour pratiquer zazen nous devons être à l’aise dans nos vêtements et utiliser un coussin (zafu*) pour l’assise. Le coccyx ne doit pas reposer en plein centre du coussin, mais plutôt sur la partie avant de celui-ci, cette position facilite la bascule du bassin et par conséquent la rectitude de la colonne vertébrale. Pour mettre le zafu en position on peut se mettre en appui sur les genoux et soulever le « derrière » pour glisser le zafu jusqu’à ce qu’il touche légèrement les jambes, on pose alors le coccyx sur le zafu.

On s’assied dans la posture de demi-lotus [hanka-fuza], ou bien en lotus complet [kekka-fuza]. En kekka-fuza, on pose le pied droit sur la cuisse gauche, puis le pied gauche sur la cuisse droite. La pointe de chaque pied doit se trouver à la hauteur des cuisses, ni plus ni moins élevée que celles-ci. En hanka-fuza, on pose seulement le pied gauche sur la cuisse droite.

fhb2_phatchLa posture est très importante dans la méditation. C’est pourquoi nous devons essayer de pratiquer le lotus ou le demi-lotus. Ces deux positions sont les plus efficaces pour l’assise (dans les 2 cas les 3 points d’appuis importants, les 2 genoux et le bas de la colonne vertébrale, sont bien clairement sollicités). Néanmoins pour nous européens ces postures, en fonction de nos possibilités physiques, peuvent être une contrainte trop forte. C’est pourquoi s’asseoir en positon de quart de lotus (pied gauche sur le mollet au niveau de la pliure du genou) ou encore birmane (pied gauche posé devant le genou droit) n’est pas « faux ». En cas d’impossibilité physique pour s’asseoir dans une de ces positions, nous pouvons le faire sur un banc de méditation adapté (position seiza*), ou encore sur une chaise.

 Ajustez la robe de l’Éveillé (kasaya) pour qu’elle soit large et bien droite. Placez la main droite sur le pied gauche; puis placez la main gauche sur la main droite, les bouts des pouces reposant l’un contre l’autre. Garder les mains comme ça, tirez les vers le corps. Laissez les bouts des pouces joints, alignés avec le nombril.

Quels que soient nos vêtements pour l’assise, nous devons les ajuster avant de rentrer en méditation. Zazen demande une dignité dans la posture et l’habillement… mais sans raideur ! Cette mise en place de notre environnement facilite l’entrée dans cette espace vaste et joyeux de la méditation. La position des mains doit aussi être digne et sans tension. Les pouces doivent se toucher, comme si nous avions un fil à retenir délicatement entre les deux. Maître Deshimaru disait « ni montagne, ni vallée » pour cette position des mains.

 Tenez-vous assis, le buste bien droit. Ne vous penchez ni à gauche ni à droite, ni vers l’avant ni vers l’arrière. Il est essentiel que les oreilles soient alignés avec les épaules, le nez avec le nombril.

Quel que soit la posture d’assise que nous utilisons l’important est la rectitude de notre colonne vertébrale. Issho Fujita dit : « Si toutes les parties du corps sont correctement intégrées sur une ligne verticale, le poids est soutenu par l’ossature du squelette et les tensions inutiles sont relâchées. Le corps tout entier se soumet alors à la direction de la gravité ».

Mettez la langue contre le palais. Respirez par le nez. Les lèvres et les dents doivent se toucher. Les lèvres et les dents doivent se toucher. Les yeux doivent être ouverts, ni écarquillés ni plissés.

Mettre la langue contre le palais et faire se toucher les dents permet d’éviter de déglutir régulièrement durant notre méditation. Là encore il ne s’agit pas de serrer les dents et de plaquer la langue fortement contre le palais, tout cela doit être léger, sans tensions inutiles. C’est aussi le cas pour les yeux. Il suffit d’incliner son regard à 45° pour que, naturellement, les paupières trouvent leur place et les yeux soient mi-clos.

Après avoir réglé le corps-esprit de cette façon, expirez complètement.

Notes :
Kasaya ou Kesa : Le vêtement traditionnel crée et cousu par Ananda, suivant le plan d’une rizière, à la demande du Bouddha. Celui-ci ordonna à ses disciples de porter ce vêtement.
Zafu : Coussin rond, rempli de kapok,,utilisé pour la pratique de la médiation .
Seiza : Position traditionnelle au japon assis sur les talons.

 

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Se mettre en possibilité de méditer

Dans le Zazengi maître Dogen nous dit :

Mettez de côté tous vos soucis et laissez au repos les dix mille dharmas.

Nous devons nous préparer, avant zazen, laisser nos soucis à la porte de la salle de méditation, de toute façon ils ne risquent pas de s’échapper, on les retrouvera (peut être un peu métamorphosés) après. Concentrons-nous sur le fait que nous allons faire quelque chose de « sacré ». Le terme s’asseoir laisse déjà augurer d’un apaisement.
Une bonne façon de se mettre en “condition” c’est de renter dans la salle de méditation de façon traditionelle.
C’est à dire en franchissant le seuil avec le pied gauche, en prenant le temps de saluer la statue de Bouddha ou de Bodhisattva. Ce salut n’a rien à voir avec de l’idolâterie, on pourrait ausi bien saluer la salle vide. Il s’agit là de respecter notre aire d’assise et notre méditation.

Ne jugez pas ce qui est bon, ne jugez pas ce qui est mauvais. Veillez à être au-delà de l’esprit, de la volonté, ou de la conscience, et au-delà de l’attention, de la pensée, ou de la réflexion. Rejetez tout jugement, tout désir, tout concept.

S’asseoir en zazen ne garantit pas que l’on se retrouvera en état de méditation. Il faut néanmoins passer par le stade de l’apaisement. Quand l’eau boueuse est agitée (pensée, jugement, désir etc..) elle reste opaque… sans agitation la boue se dépose au fond et l’eau devient transparente.
Gudo Nishijima dit : « shikantaza , c’est juste s’asseoir en maintenant la colonne vertébrale droite. Ainsi si on se prend à penser, voire même à rêver ou à dormir pendant zazen, on se plonge à nouveau dans l’action de redresser la colonne vertébrale tout simplement ».
Ryotan Tokuda lui préconise de mettre l’attention dans la position des mains.

Dans les 2 cas l’action c’est juste agir pour nous ramener à notre simple assise qui est, elle, au-delà de l’attention, de la réflexion, du jugement etc…

N’essayez pas de devenir un bouddha, Abandonnez l’idée d’être assis ou couché.

S’asseoir en zazen implique que nous n’ayons aucune intention, aucun désir d’entrer dans un état spécial. On ne cherche pas à obtenir l’illumination. Tant que nous sommes dans le désir d’obtention, nous ne pouvons entrer en « samâhdi » (état de concentration) et nous restons à la porte de la « chambre au trésor ».

Evitez les excès de nourriture ou de boissons. Prenez garde au temps qui passe. Aimez l’assise de zazen comme si vous aviez le feu sur la tête .

La seule chose qui doit être importante c’est de pratiquer zazen ici et maintenant. Abandonnons-nous à cette assise. Nous devons pratiquer la méditation avec un esprit joyeux (kishin), un esprit de tendresse (roshin), un esprit de largesse (daishin). Il y a urgence à entrer de plein pied dans notre pratique.

Le 5ème Patriarche n’a pas eu d’autres occupations, il pratiquait seulement la méditation assise.

Posons-nous sincèrement ces questions : « Qui est celui qui est assis ici sur ce coussin ? Qu’est-ce que je suis venu chercher en pratiquant zazen ? ».

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les conditions matérielles de la méditation

Où méditer ? quelles conditions doivent être réunies pour le faire ?

Maître Dogen nous donne la réponse à cette question dans le Zazengi * :

Pratiquer le Zen c’est s’asseoir en zazen. Pour s’asseoir en zazen choisissez un endroit calme. Ne laissez ni le vent, ni la pluie, ni la fumée y pénétrer.

Za signifie l’assise et zen signifie méditation (Dhyana en sanskrit). On peut donc traduire zazen par : méditation assise. Dogen nous précise qu’il faut choisir un endroit calme pour méditer, à l’abri des intempéries. On comprend aisément qu’il serait difficile d’atteindre un état de concentration amenant à la méditation sous la pluie ou la neige.
Le Bouddha Shakyamuni se déplaçait souvent et méditait dans la nature avec ses disciples, mais à la saison des pluies il s’arrêtait dans des parcs mis à sa disposition, afin d’être à l’abri.
Dans notre groupe nous nous sommes assis en plein air, mais nous avions toujours une solution pour être à l’abri et nous nous couvriions chaudement en période de froid.

Etendez une natte épaisse  à l’endroit où vous vous asseyez. Par le passé l’Eveillé s’est assis sur un trône de Diamant, d’autre l’ont fait sur une roche plate. Tous l’ont fait sur un épais tapis d’herbe.

Il y a beaucoup de tendresse dans ce passage. Dogen nous dit de bien prendre soin notre aire de méditation. Pour méditer il est nécessaire d’avoir un zafuton, ou l’équivalent (couverture pliée et épaisse), afin de prendre soin de ses genoux qui doivent toucher et prendre appui sur le sol. Le zafuton sert de coussin pour les genoux et les chevilles. Prendre soin de son corps est important dans l’assise. Tant que l’on est dans la souffrance physique il est difficile d’entrer véritablement dans la méditation.

L’image du Bouddha (l’Eveillé) assis sur un trône de diamant mérite que l’on s’y arrête. le diamant est à la fois une pierre très lumineuse solide et coupante, c’est avec un diamant que l’on découpe le verre. La méditation est comme çà : elle débouche sur une grande ouverture et une « grande luminosité » tout en tranchant nos illusions.

L’aire pour s’asseoir doit être claire; Elle ne devrait pas être sombre, de jour comme de nuit. La chaleur en hiver, la fraîcheur en été, voilà la technique de la méditation assise.

Clarté, chaleur en hiver et fraîcheur en été doivent être compris et appréciées en tenant compte de l’époque (1243) à laquelle le zazengi a été écrit. Dans les monastères zen la température et l’éclairage ne bénéficiaient pas encore de la « fée électrique ».   Pour l’époque actuelle il s’agit d’avoir une température de la pièce supportable ni trop froid, ni trop chaud (l’un et l’autre ne permettent pas l’entrée en concentration). Il en est de même pour l’éclairage qui trop violent n’incite pas au calme et trop faible incite plutôt à l’indolence et au sommeil.

* Zazengi : Prêché à l’assemblée des moines du temple de Yoshida, district d’Esshû, le 7 du 11ème mois d’hiver de la première année de Kangen (1243).

 

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