Dharma et éthique

Jiun Eric Rommeluère était l’invité de Sagesses Bouddhistes la semaine dernière, il nous a parlé l’éthique dans le Dharma.

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Les mains jointes – Henri

Sagesses Bouddhistes

Jiun Eric Rommeluère sera l’invité de l’Emission Sagesses Bouddhistes du Dimanche 21 Juin.

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Le thème sera Dharma et éthique

Dans le Dharma (enseignement du bouddha) l’éthique, appelée en d’autres époques la morale, est essentielle. Comment le bouddhisme interprète t-il cette notion vaste et importante qui devrait guider l’homme vers plus de manifestations positives pour le bien de tous les êtres. Eric Rommeluère répond aux questions de Sagesses Bouddhistes.

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Les mains jointes – Henri

Retraite d’été – Un Zen Occidental

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La retraite d’été de l’Association Un Zen Occidental se déroulera du lundi 6 juillet au dimanche 26 juillet. Cette année il y aura des sessions formelles et informelles :

  • Les sessions formelles dureront quatre jours, du lundi au jeudi, et suivront l’emploi du temps habituel des retraites zen : quatre périodes de méditation par jour, repas en silence dans la salle de méditation, enseignements sur le dharma, etc.
  • Les sessions informelles dureront trois jours, du vendredi au dimanche, et seront principalement dédiées à l’apprentissage du bouddhisme engagé. Des exercices pratiques seront proposés (jeux de rôles, mise en situation, etc.). Des moments de partage permettront également de revenir sur les expériences menées dans l’association depuis quatre ans (groupes BASE).Les repas seront conviviaux et il n’y aura que deux méditations par jour.

Ces sessions se dérouleront à la Maison du Dharma au Mans, sous la Direction d’Eric Rommeluère.

  • Du 6 au 9 juillet, première session formelle (quatre jours, arrivée le dimanche 5 entre 17 h et 21 h, départ le jeudi 9 entre 17 h et 21 h).
  • Du 10 au 12 juillet, première session informelle (trois jours, arrivée le jeudi 9 entre 17 h et 21 h, départ le dimanche 12 entre 17 h et 21 h).
  • Du 13 au 16 juillet, seconde session formelle (quatre jours, arrivée le dimanche 12 entre 17 h et 21 h, départ le jeudi 16 entre 17 h et 21 h).
  • Du 17 au 19 juillet, seconde session informelle (trois jours, arrivée le jeudi 16 entre 17 h et 21 h, départ le dimanche 19 entre 17 h et 21 h).
  • Du 20 au 23 juillet, troisième session formelle (quatre jours, arrivée le dimanche 19 entre 17 h et 21 h, départ le jeudi 23 entre 17 h et 21 h).
  • Du 24 au 26 juillet, troisième session informelle (trois jours, arrivée le jeudi 23 entre 17 h et 21 h, départ le dimanche 26 entre 17 h et 21 h).

Il est possible de participer à une ou plusieurs sessions (Participation à au moins une formelle en tout état de cause)

Pour participer il est demandé d’avoir une expérience de la méditation zen. Si vous n’avez jamais participé à une retraite à la Maison du dharma, un entretien préalable avec Eric Rommeluère sera indispensable.

Si vous voulez plus de renseignements c’est ici et pour s’inscrire c’est là.

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Les mains jointes – Henri

Entraidez-vous – La Coopération

Dans son dernier discours avant de quitter le temple d’Antaiji en 1975 Kôshô Uchiyama Roshi a dit aux moines de ce temple :

Entraidez-vous les uns les autres en créant un lieu où les véritables disciples peuvent pratiquer sans difficulté.

C’est dans cet esprit de coopération que les Groupes issue du sangha* Un Zen Occidental se réunissent pour pratiquer la méditation zen. Chaque membre du sangha peut participer, aider les autres à progresser sur la voie. Le zazen du débutant ne sera pas le même que le zazen de l’expérimenté. Le zazen d’hier ne sera pas le même que celui d’aujourd’hui… Et pourtant chaque participant, chaque jour apporte sa fraîcheur, sa joie !

Il est important que chacun puisse contribuer à édifier et protéger une atmosphère qui favorise la pratique commune. Personne ne peut prétendre à incarner l’esprit de Bodhi** sans interruption, l’esprit  qui aspire à pratiquer et atteindre l’éveil.

En franchissant la porte d’un dojo nous n’arrivons jamais les mains vides, même si c’est la première fois. Nous pouvons transmettre notre énergie, notre « exemple », notre bienveillance aux autres participants. Il suffit juste d’être là ici et maintenant, avec un esprit ouvert, un esprit de don.

Chacun s’unit aux autres et offre à l’effort général la contribution de son propre petit esprit de bodhi.

Kôshô Uchiyama

Il y a de la modernité dans cette coopération proposée dans les groupes bouddhistes zen. A l’opposé du point de vue de notre société mercantile et consommatrice la proposition formulée ici est « Apportons ce que chacun a, mettons tout en commun et faisons avancer la communauté ». Il n’y a aucun esprit de profit dans cette démarche.

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Sawaki Roshi disait souvent qu’un monastère  est semblable à un feu de charbon de bois dans un hibachi***. Si vous n’y mettez qu’un seul petit charbon le feu s’éteindra rapidement, mais si vous en mettez beaucoup, même petits, le feu prendra.

De la même façon, chacun d’entre nous doit donner la contribution de son propre petit esprit de Bodhi, permettant ainsi au sangha d’éclore.

Kôshô Uchiyama

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Les mains jointes – Henri

Notes :
* Sangha : Communauté spirituelle de pratiquants du bouddhisme.
** Esprit de la Bodhi : Esprit d’éveil, Bodaishin en japonais, Bodhiccita en sanskrit. ou autrement dit l’aspiration et l’engagement à atteindre l’éveil ou bouddhéité
*** Hibachi : dispositif traditionnel de chauffage japonais. Il consiste en un contenant de forme ronde, cylindrique ou en forme de boîte. Ouvert sur le dessus il est fait, ou au moins tapissé en dedans, d’un matériau résistant à la chaleur et est conçu pour contenir du charbon de bois incandescent.

Esprit vaste

Dans ses « Instructions au Cuisinier »  Maître Dogen nous dit :

La grandeur d’esprit, c’est grand comme une montagne, vaste comme l’océan. C’est un esprit sans idées reçues ou partisanes.

Dans cette partie des instructions au cuisinier, Dôgen développe la notion d’Esprit Vaste (Daishin). La méditation nous fait toucher cette grandeur d’esprit, à nous de la développer dans notre vie de tous les jours. Nous ne pouvons pas mettre de limites à cette étendue infinie. Les idées préconçues, que nous avons tous, sont pourtant des freins à notre pratique.

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Il ne se réjouit pas quand il n’a qu’une once à porter et il ne s’afflige pas de porter 30 livres. Même s’il entend l’appel du printemps, il ne va pas sauter de joie dans la rosée,et s’il contemple les couleurs de l’automne, il ne verse pas de pleurs mélancoliques.

Suivre le dharma (au sens de loi), signifie que nous devons excentrer notre regard sur les choses, un peu comme si nous étions au bord de l’évier et que nous regardions l’eau tourbillonner. L’eau représente les idées toutes faites qui surgissent face à une situation donnée. Si nous nous plongeons dedans, nous irons immanquablement dans cet espace restreint qu’est le tuyau d’évacuation. En restant au bord, nous pouvons tourner notre regard vers les vastes étendues qui sont tout autour.

Un paysage inclus les vicissitudes des quatre saisons, comme le poids inclut l’once et la livre.

La pratique du Dharma nous permet d’éviter les passions, de vivre l’équanimité. Il ne s’agit pas là d’indifférence, par rapport à ce que nous vivons, mais au contraire une profonde compréhension de tout ce qui fait notre vie. Dôgen nous dit clairement qu’il faut délaisser le monde des passions.

Un grand esprit englobe la totalité des composants. C’est ainsi qu’il faut inscrire, comprendre et approfondir le mot grand.

Nous devons inscrire ce mot Grand au fronton de notre vie de pratiquant du bouddhisme zen. C’est en l’étudiant, en le vivant pleinement que nous pourrons suivre les traces des Bodhisattvas et Patriarches qui nous ont précédés.

Les citations du Tenzo kyôkun sont traduites par Janine Courson.

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Les mains jointes – Henri

L’ordinaire de la Grandeur

« Maître, s’il vous plaît enseignez moi l’essence du dharma. »
Joshu répondit : « As-tu terminé ton repas ? »
« Bien sûr, Maître,  j’ai fini. »
« Alors va laver tes bols ! »

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La pratique de la grandeur c’est aussi la pratique de l’ordinaire. En ayant tout au long de notre journée un attitude juste, une position noble, nous pratiquons le dharma.Nous pouvons dans les gestes quotidiens nous ouvrir à l’esprit vaste. Cela demande de l’attention et de la présence, deux qualités que l’on développe en méditation.

Attention et présence peuvent aussi être là dans nos actions ordinaires, Il est possible d’utiliser des « moyens habiles » pour y parvenir. Les moines zen, par exemple, récitent des versets avant d’effectuer des gestes ordinaires

  • en se lavant le visage :

« je fais le voeux avec tous les êtres d’atteindre la pure porte du dharma et d’être toujours sans souillure »

  • en se brossant les dents :

« Je fais le voeu avec tous les êtres de prendre soin de la dent qui tranche les attachements. »

  • En lavant leur bol à la fin du repas :

« Avec cette eau, je lave mon bol, elle a le goût du nectar céleste, j’en fais offrande à tous les morts et tout ceux qui souffrent dans leurs enfers, qu’elle les désaltère comme la rosée du matin »

Pour nous occidentaux il faut trouver nos propres versets, nos propres moyens habiles, qui nous ramènerons à la présence, l’attention du moment ordinaire. Chacun de nous doit découvrir sa façon de vivre la Grandeur, dans le travail, avec les collègues, la famille, les amis. Chacun doit développer en soi l’Esprit d’Eveil dans sa vie quotidienne.

« En ouvrant cette porte, je prends 2 inspirations afin d’accueillir tous les êtres »

« En cuisinant j’accueille tous ceux qui ont permis à ces pâtes de nourrir ma famille »

« En allant au travail je suis conscient et j’accueille tous les êtres qui auront besoin de ce que je vais produire »

A chacun de compléter ces 3 versets en fonction des actions qu’il effectue dans la journée.

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Les mains jointes – Henri

Grand !

Question : « Qu’est-ce que l’essence du Dharmadhâtu ?

Réponse : « L’essence spirituelle, voilà l’essence du Dharmadhâtu . Ce Dharmadhâtu  est dénué d’essence et il est également illimité, aussi vaste que l’espace, et invisible. Voilà ce qu’on nomme essence du Dharmadhâtu .

Traité de Bodhidharma – traduction Bernard Faure

Le zen est une branche du bouddhisme Mahâyâna. mahâ signifie grand en sanskrit, yâna signifiant véhicule.
En japonais mahâyâna se dit daijō (大乗). Notre école est donc celle de la grandeur. C’est ce qui nous est dit dans le traité de Bodhidharma : « Ce Dharmadâtu …/… est également illimité, aussi vaste que l’espace ».

La méditation nous fait déboucher sur des espaces infinis. La pratique du Dharma nous invite à découvrir quelque chose de grand.

Le caractère GRAND en chinois

Le caractère GRAND en chinois

Vous devez écrire le caractère « grand », vous devez comprendre le caractère « grand ».

Instructions au cuisinier de Dôgen – traduction E. Rommeluère

Pour le bouddhisme zen, grand n’a pas le sens de haut (la pratique n’a rien à voir avec une tour !). Il faut le comprendre au sens de vaste, infini…
Nous devons pratiquer le zen avec dignité. Nous devons, à l’image du caractère grand en chinois, nous tenir debout les bras écartés et accueillants. Nous devons embrasser l’espace infini qui nous est proposé, pour y inclure tous les êtres.

« Avec un esprit vaste et généreux et de la détermination dans la pratique nous n’avons pas de raisons de nous inquiéter. »

Shunryu Suzuki – Libre de soi, libre de tout

Au travers de notre méditation, sans chercher à prendre, nous pouvons toucher, comprendre ce qui est vaste. Il suffit de dire « oui », de faire un pas en avant pour aller au-delà de nos peurs.

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Les mains jointes – Henri

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