Les six Paramitas

La pratique des six paramitas est particulièrement développée dans le bouddhisme Mahayana et donc dans le Zen. On dit que dans chaque paramita toutes les autres sont incluses. Ces six perfections sont : la générosité, l’éthique, la patience, l’effort enthousiaste, la concentration, la sagesse.

La générosité (Dâna)
La générosité c’est l’intention du don avec une intention pure, c’est le don effectué avec une pensée de compassion. Il ne s’agit pas de pratiquer la générosité uniquement pour ceux qu’on aime, mais d’englober la totalité des êtres qui en ont besoin. Le don n’est pas que matériel, on peut distinguer trois types de dons :
Le don d’objet de bien matériel, d’argent
Le don de la sécurité (protection de tous ceux qui ont peur ou sont ménacés)
Le don du Dharma, d’explications sur la pratique du bouddhisme.
Le don doit être l’aboutissement d’une motivation juste, la générosité est une philosphie de vie à part entière.

L’éthique (Shîla)
L’éthique c’est s’exercer dans toute les attitudes du corps, de la parole et du mental et éviter tout acte négatif ou nusible pour les autres. On peut distinguer trois sortes d’éthique :
L’éthique qui évite tout comportement négatif
L’éthique qui met en oeuvre des comportements positifs
L’éthique qui accomplit le bien des autres
Les deux premières sortes d’éthique sont avant tout tournée vers notre bien, la troisième ne se soucie que du bien des autres et développe l’esprit de la bodhiccita.

La patience (ksânti)
La patience signifie avoir un esprit non perturbée par des émotions. On distingue plusieurs sortes de patience :
La patience face à ceux qui nous veulent du mal
La patience face à ce qui nous dérange, la souffrance
La patience face à ce que nous ne comprenons pas
Dans le premier type de patience il nous faut diriger notre colère contre les cause qui amènent notre “agresseur” à agir ainsi et non vers la personne elle-même. Dans le deuxième type de patience il s’agit de ne pas sentir d’irritation et transformer la souffrance ou l’obstacle en appui. Enfin nous devons faire preuve de patience par rapport à la voie du Dharma et accepter que le chemin peut être long.

L’effort enthousiaste (vîrya)
C’est une attitude déterminée, résolue et joyeuse à pratiquer le Dharma et atteindre l’éveil. Cette attitude s’oppose aux trois paresses :
La paresse qui remet à plus tard
La paresse qui s’occupe d’autre chose
La paresse qui se décourage devant les difficultés
Avec une attitude résolu, nous ne satisferont pas notre ego en remettant à plus tard, en cherchant quelque chose de plus urgent à faire, ou en renonçant devant les difficultés liées à la pratique du Dharma.

La concentration (dhyâna)
C’est s’établir dans la méditation, maintenir son esprit concentré et atteindre le calme mental. On distingue trois degrés de concentration :
Le premier c’est de parvenir à la pacification mentale par la méditation
Le deuxième consiste à développer les qualités propres à la médiation
Le troisième mène à développer un état de concentration pour accomplir le bien des autres.
Ces trois types de concentration forment une progression qui mènent à la Bodhicitta (Bodaìshin en japonais) typique du mahayana.

La sagesse (prajñâ)
La sagesse c’est la connaissance, l’intelligence; c’est la réalisation. Il y a trois sortes de sagesse :
La sagesses conventionnelle
La sagesse ultime
La sagesse bénéfique aux autres
Dans la première il s’agit des connaissances temporelles, qu’il s’agisse de culture, de sciences, tout ce qui touche au monde présent.Dans la deuxième il s’agit de réaliser le non-soi et l’absence des phénomènes. En ce qui concerne la dernière il s’agit d’une connaissance profonde des autres pour mieux répondre à leurs attentes.

Cette présentation des six paramitas est faite dans un ordre traditionnel. Cet ordre n’est pas obligatoire, dans une de ces perfections on trouve en fait toutes les autres, elles sont indissociables pour qui chemine sur le Dharma. La pratique de ces six perfections constitue le chemin parcouru par le bodhisattva jusqu’à l’Eveil.

 

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Les trois trésors

Le Bouddhisme révère traditionnellement les trois «trésors» : le Bouddha, le Dharma, et le Sangha. :
  • Bouddha
    Bouddha fait référence au Bouddha Gautama, le fondateur du Bouddhisme. Il est né aux environs de l’année 463 avant notre ère, à la frontière de ce qui est aujourd’hui le Népal et l’Inde, fils d’un roi du clan des Çakya. Lorsqu’il avait 29 ans, il quitta le palais pour partir à la recherche du sens de la vie, et après de nombreuses années, alors qu’il avait 35 ou 36 ans, après avoir adopté une méthode simple de pratique physique qui équilibrait son corps et son esprit, il découvrit ce qu’il cherchait : que le monde n’existe qu’ici et maintenant, et que l’univers est splendide tel qu’il est.
    Pendant de nombreuses années, il enseigna à ses disciples cette pratique simple et ce qu’elle signifiait en tant que vérité essentielle que devraient connaître tous les êtres humains. Le Bouddha Gautama n’était pas un dieu, mais un homme. Et il a enseigné que nous pouvons tous revenir à notre état originel, qui est serein et paisible. Ses enseignements ne sont pas spirituels mais essentiellement humanistes ; grâce à cette simple pratique, nous pouvons tous atteindre notre perfection en tant qu’êtres humains.
  • Dharma
    Dharma fait référence autant aux enseignements du Bouddha Gautama qu’à la simple réalité ou vérité qui existe devant nous. Le Bouddha Gautama enseignait que le monde réel dans lequel nous existons en cet instant, n’est pas identique à nos pensées à son sujet, et pas identique non plus aux perceptions que nous en avons.
    Il dit que le monde réel auquel il s’était éveillé est différent de l’image abstraite que nous en avons, que nous trimballons partout et à laquelle nous nous référons constamment. Et il appela Dharma cette expérience réelle de «ce qui est ici et maintenant» : réalité ou vérité.

Méditation Zen

  • Sangha
    Le Bouddha Gautama a organisé ses disciples en moines, nonnes et laïcs des deux sexes, et cette structure a été perpétuée jusqu’à nos jours. Nous l’appelons le Sangha. C’est la famille bouddhiste.

 

Extrait de : Introduction au Bouddhisme et à la Pratique de Zazen de Gudô Nishijima Rôshi (1919 – 2014)

 

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La chaîne des pensées en zazen

Lorsque nous sommes en méditation, les pensées peuvent nous assaillir et prendre une importance trop grande. Il existe des techniques pour apaiser notre esprit, par exemple Décompter nos respirations, ou encore concentrer l’esprit sur le bout du nez.

Ces techniques ne sont que des moyens habiles pour entrer dans la médiation, ils ne sont pas la méditation même. Dans le zen la médiation est « juste s’asseoir » (shikantaza) il suffit d’un coussin rond (zafu) dans un lieu ni trop clair ni trop sombre, ni trop chaud ni trop froid.

La ronde des pensées est tout à fait normale, lorsqu’on rentre en méditation.  Suivre cette ronde est, par contre une erreur, qui nous empêchera de toucher la réalité de la méditation.
Lorsque nous suivons nos pensées le corps a tendance à se raidir et la rigidité n’est pas zazen. Zazen c’est être plein de vie, plein d’énergie.

Il ne faut pas lâcher le mouvement pour rechercher la tranquillité. Il faut au contraire rechercher la tranquillité au sein du mouvement. Dans le mouvement même, il y a une éternelle tranquillité. Mouvement et tranquillité n’ont jamais été séparés.

Seng-Chao

Zazen nous permet de nous rendre compte que c’est nous qui fabriquons l’enchaînement des pensées, comme une sorte de BD qui relie les images une à une et ne nous permet pas de goûter à l’immense liberté. Dès lors que nous nous rendons compte de ce film intérieur qui nous enchaîne, nous pouvons laisser les pensées vivre leur propre histoire sans nous y attacher.

En effet, lorsque la pensée de quelque chose apparaît, si l’esprit ne s’y attache pas, rien ne pourra se former. par exemple    si la pensée A (la fleur)  n’est pas aussitôt suivie par la pensée B (elle est belle), il ne pourra se former aucune signification AB  (la fleur est belle). Le signifiant A étant B (belle fleur) ne pourra d’ailleurs pas non plus se former. Donc même si la pensée A apparaît, tant qu’elle n’est pas poursuivie, A se manifeste avant toute séquence significative. Cela n’est pas mesurable en terme de sens et disparaîtra lorsque le flux de la conscience suivra son cours.

Kôshô Uchiyama

pour trouver la tranquillité dans le mouvement et briser cette chaîne des pensées il faut revenir constamment à la posture. Cette posture si simple, mais en même temps si compliquée  à maintenir. Gudo Nishijima insistait particulièrement sur ce point, ainsi que sur  la verticalité de la posture.

Assis en zazen nous devons viser à tenir la posture correcte, alors même qu’il n’y a aucun but à atteindre. En tout cas, celui qui pratique zazen ne sait jamais s’il a atteint son objectif, ou pas.

Kôshô Uchiyama

 

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Seulement s’asseoir

« Shikantaza » signifie : Seulement s’asseoir… C’est toute la simplicité et la difficulté du Zen. Il n’ y a rien de plus simple en effet que de s’asseoir, nous savons tous le faire……… sur une chaise. Mais s’asseoir pour pratiquer la méditation c’est autre chose.
Eric Rommeluère sur le site un Zen Occidental donne ce koan pour ceux qui ne peuvent expérimenter la méditation zen :

« Sous l’arbre on pose le coussin, sur le coussin on pose le corps, sur le corps on pose l’esprit, mais sur l’esprit que pose-t-on ? »

Jiun Eric Rommeluère

Pour bien s’asseoir il est indispensable d’avoir une bonne posture. La colonne vertébrale doit être droite, le menton dans l’axe du nombril est légèrement rentré, ce qui a pour effet d’étirer la nuque. Le bassin est légèrement basculé vers l’avant et les genoux poussent le sol.

Cette attention à la bonne posture permet au corps de participer en entier à la méditation. Le corps et l’esprit deviennent petit à petit non duels. Il est possible d’observer ce corps/esprit qui est le nôtre, progressivement on sent les transformations qui se produisent en nous et on en arrive à examiner notre moi profond.
Malgré cela rester assis durant 30 ou 45 minutes face au mur peut paraître horriblement long. Il peut parfois être nécessaire d’avoir recours à des techniques simples pour « faciliter» le zazen. On peut par exemple compter les cycles de respiration par groupe de 10, rapidement on est amené à une méditation profonde et à ne plus utiliser cette technique.
Dans notre société actuelle la méditation, vu de l’extérieur, est une perte de temps… Et pourtant tout ceux qui ont expérimenté zazen savent bien qu’il n’en est rien. La méditation échappe aux mots, elle se situe à un autre niveau indéfinissable, il faut donc pratiquer pour pouvoir « ressentir » ce qu’est zazen.

illustration : Japanese buddhist monk by Arashiyama

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Journée zen – Nantes – 14 octobre 2017

Le Jardin de la Vision Pure fait venir Jiun  Eric Rommeluère le 14 Octobre 2017 pour une journée de méditation. Cette journée aura lieu à la Maison de l’Eveil 106 rue Gambetta à Nantes.

Au programme de cette journée :

– 8 h 30 – 8 h 45 : ouverture des portes, accueil
– 8 h 50 – 9 h 00 : cérémonie d’ouverture de la journée

– 9 h 00 – 9 h 30 : méditation assise (zazen)
– 9 h 30 – 9 h 40 : méditation marchée (kinhin)
– 9 h 40 – 10 h 10 : méditation assise
– 10 h 10 – 10 h 20 : méditation marchée
– 10 h 20 – 10 h 50 méditation assise
– 10 h 50 – 11 h 00 : méditation marchée

– 11 h 00 – 12 h 15 : enseignement
– 12 h 30 – 13 h 45 : préparation déjeuner, déjeuner

– 14 h 00 – 14 h 30 : méditation assise
– 14 h 30 – 14 h 40 : méditation marchée
– 14 h 40 – 15 h 10 : méditation assise
– 15 h 10 – 15 h 20 : méditation marchée
– 15 h 30 – 17 h 30 : enseignement, questions-réponses

– 17 h 30 – 18 h : clôture de fin de journée

La journée est ouverte à tous. Le repas de midi végétarien est pris en silence.

Pour la cohérence générale, nous n’acceptons pas de participation partielle et demandons que chaque participant assiste à l’intégralité des méditations et des enseignements.

Il est recommandé d’apporter son coussin de méditation, même si quelques coussins sont disponibles sur place. La tenue doit être sobre et confortable.

Pour plus d’informations et pour l’inscription à cette journée c’est ici.
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